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[Enfants & Écrans] Par quoi remplacer les écrans ?

Ah, les écrans… Ces objets qui font désormais partie intégrante de notre quotidien et qui, avouons-le, nous sauvent parfois la mise quand nous avons besoin de 5 minutes pour prendre une douche ou préparer le repas. Je vous comprends tellement ! Mais en tant que parent consciencieux, vous vous posez sûrement la question : quel impact ont-ils réellement sur le développement de nos tout-petits ? Nous sommes la génération avec laquelle les écrans ont commencé à émerger, mis devant la TV, « nous n’en sommes pas morts », sauf qu’à part Debout les Zouzous et la Trilogie du Samedi, nous regardions Amour, Gloire et Beauté avec nos grands-mères. Nos enfants sont confrontés à des écrans de manière plus fréquente : Netflix, Disney +, YouTube Kids sont en accès illimité.

Alors, en tant que parents consciencieux, prenons les choses en mains et je vous aide à proposer des alternatives qui soient à la fois enrichissantes et pratiques pour vous et vos enfants au lieu des écrans ?

C’est cette question que nous allons explorer ensemble aujourd’hui. L’idée n’étant pas de vous culpabiliser, mais de faire de votre mieux, d’être conscient du danger pour faire preuve de vigilance.

Nous allons commencer par revoir les recommandations selon l’âge, pourquoi les écrans sont nocifs avant l’âge de 3 ans et pour finir des solutions concrètes pour combattre les temps d’écran à la maison.

Les recommandations des écrans selon l’âge

Avant de plonger dans le vif du sujet, prenons un moment pour comprendre ce que préconisent les experts. Je rappelle que ces recommandations ne sont pas là pour nous culpabiliser, mais pour nous guider vers des pratiques équilibrées.

De 0 à 3 ans

La recommandation est claire : pas d’écran avant 3 ans. Cette position est soutenue par l’Académie Américaine de Pédiatrie, l’OMS et de nombreux spécialistes de la petite enfance comme Serge Tisseron avec sa règle du « 3-6-9-12 ».

Pourquoi une position aussi tranchée ? Nous y reviendrons plus en détail, mais en résumé : le cerveau du tout-petit est en pleine construction et a besoin d’expériences sensorielles riches et d’interactions humaines que les écrans ne peuvent pas offrir.

De 3 à 6 ans

À partir de 3 ans, une introduction progressive est possible, mais avec des règles strictes :

  • Maximum 30 minutes par jour d’écran
  • Toujours accompagné d’un adulte qui commente et contextualise
  • Contenu adapté à l’âge et éducatif
  • Pas d’écran le matin avant l’école ni le soir avant de dormir.

Retrouvez plus d’idées de rituel du soir adapté à l’âge de l’enfant pour éviter les écrans le soir.

De 6 à 9 ans

  • Maximum 45 minutes à 1 heure par jour
  • Toujours avec des contenus adaptés et si possibles éducatifs
  • Introduction des premières règles d’utilisation des écrans
  • Pas de télévision ou tablette dans la chambre

De 9 à 12 ans et au-delà

  • Maximum 1 à 2 heures par jour
  • Début de l’éducation aux médias et à l’utilisation responsable d’internet
  • Mise en place de règles familiales claires
  • Vigilance quant aux réseaux sociaux

Ces recommandations sont des repères, pas des jugements. Chaque famille a sa réalité et ses contraintes. L’important est d’être conscient des enjeux et de faire des choix éclairés.

Pourquoi 0 écran avant 3 ans ?

J’ai vécu cette tension entre théorie et pratique : un entourage qui ne comprend pas notre envie d’interdire les écrans, une période Covid avec travail mêlé à la présence d’un enfant H24 qu’on ne peut pas sortir, sans pause. Nous avons fait preuve d’imagination pour l’occuper la plupart du temps… Plusieurs moments bien particulier m’ont fait craquer sur mes principes dédiés aux écrans. Par exemple, mon bambin qui finit son biberon si la télévision est allumé, mais ne le finit pas si elle est éteinte ; autre exemple, nous sommes invités dans une maison avec des choses fragiles et des dangers, et là la télévision a sauvé pas mal de bibelots et m’as permis de profiter un minimum du moment partagé. Je suis malade et incapable de prendre le temps de jouer avec mon fils, là encore les écrans m’ont aidé.

Pour conclure cette longue introduction, je ne suis pas là pour vous culpabiliser, je ne suis pas parfaite et oui, moi professionnelle, j’ai mis mon enfant de moins de trois ans devant un écran. Je veux que vous connaissiez les risques, car dans mon métier, j’ai rencontré des enfants mis devant les écrans, trop tôt, trop souvent et les conséquences ne sont pas anodines.

Impact sur le développement cérébral

Le cerveau du bébé se développe à une vitesse fulgurante durant les trois premières années. Ce développement se fait principalement à travers :

  • Des expériences sensorielles variées (toucher différentes textures, sentir, goûter…)
  • Des interactions sociales riches et personnalisées
  • Le mouvement et l’exploration de l’environnement

L’écran, par nature, ne stimule que la vision et l’audition, privant l’enfant des autres dimensions sensorielles essentielles à cette période critique du développement.

Le cerveau du bébé n’a pas le temps pour les écrans, il est bien trop occupé à se développer !

Conséquences sur le langage

J’ai pu l’observer dans ma pratique : les enfants fortement exposés aux écrans présentent fréquemment des retards de langage. Pourquoi ?

  • L’acquisition du langage se fait par l’interaction : l’enfant parle, l’adulte répond de manière adaptée
  • L’écran propose une communication à sens unique, sans adaptation au rythme et aux besoins de l’enfant
  • Le temps passé devant un écran est du temps en moins consacré aux échanges verbaux réels

N.B : L’usage des écrans pour des appels vidéos avec les proches qui sont loin, n’est pas problématique pour le langage. Il s’agit d’un échange réel avec l’enfant qui a une interaction avec la personne de l’autre côté de l’écran. Néanmoins, on fera attention aux horaires, car la lumière bleue perturbera le sommeil comme expliqué ci-dessous.

Perturbation du sommeil

Les écrans émettent une lumière bleue qui perturbe la production de mélatonine, l’hormone du sommeil. Résultat : des difficultés d’endormissement, un sommeil fragmenté et moins réparateur. Et nous savons toutes et tous combien le sommeil est précieux, tant pour nos enfants que pour notre santé mentale de parent !

Difficultés d’attention et d’autorégulation

Les contenus des écrans sont souvent conçus pour capter l’attention : rythme rapide, couleurs vives, sons stimulants. Le cerveau du jeune enfant s’habitue à cette stimulation intense et peut ensuite avoir du mal à :

  • Se concentrer sur des activités moins stimulantes
  • Gérer la frustration et attendre
  • Réguler ses émotions

On pense à tort que l’écran calme l’enfant, mais il s’agit simplement d’une bombe à retardement. L’excitation sera d’autant plus forte après avoir regarder un écran, la gestion des frustrations plus difficile. Je l’ai remarqué avec mon fils lorsque j’ai mis en place des moments « détox d’écran ». Je retrouvais un enfant calme, attentif et curieux qui se remet à jouer sans réclamer sans cesse les écrans.

Quelles solutions ? Comment remplacer le temps d’écran ?

Maintenant que nous comprenons mieux les enjeux, passons à la partie la plus importante : les alternatives concrètes et réalistes ! Car oui, nous avons toutes et tous besoins de moments de répit, et c’est tout à fait légitime.

1. Des temps de jeux en autonomie.

Plus facile à dire qu’à faire me diriez-vous ! Le jeu autonome ne se décrète pas, il se cultive progressivement. Voici quelques options qui ont fait leurs preuves chez moi et chez de nombreuses familles que j’accompagne :

🌿 Les jeux de construction et d’imagination : Les Playmobil et Lego sont de véritables mines d’or pour développer l’autonomie et l’imagination. Ils offrent : une durée d’attention prolongée, une infinité de scénarios possibles, la possibilité de jouer seul ou à plusieurs, et surtout ils ont fait leurs preuves depuis de nombreuses années.

Astuce de parent : Créez des « invitations à jouer » en installant une petite scène que votre enfant pourra compléter. Commencer le jeu avec l’enfant, donner l’exemple, donne une impulsion au jeu. Il faudra répéter, répéter et encore répéter ces étapes pour amener l’enfant à jouer seul. Cela ne se fait pas du jour au lendemain.

2. Des activités créatives : avec ou sans surveillance.

Il n’est pas nécessaire d’être constamment présent pour que votre enfant crée. Voici quelques idées qui permettent une autonomie progressive :

Tablette dessin à Led pour enfants, pour dessiner sans se salir
Tableau magnétique pour enfants - Magnetibook

Pour les plus grands, vous pourrez augmenter le nombre d’activités créatives sans surveillance et surtout la durée de l’activité.

3. Les alternatives aux écrans

C’est la solution qui a révolutionné notre quotidien. Les histoires audio permettent de développer l’imagination tout en offrant un moment calme. Contrairement aux écrans, elles ne bloquent pas la production de mélatonine et favorisent même la détente.

Les boîtes à histoires : technologie sans écran

Plusieurs options existent sur le marché, chacune avec ses spécificités :

La Lunii est un conteur d’histoires interactif qui permet à l’enfant de créer son aventure en choisissant un héros, un lieu, un objet et un personnage secondaire.

La Toniebox fonctionne avec de petites figurines à poser sur une boîte à histoires, avec les personnages préférés de vos enfants, une super alternative aux dessins-animés. Vous avez par exemple les personnages de la Pat Patrouille, des Disneys, Peppa Pig et pleins d’autres. Si votre enfant réclame beaucoup un dessin-animé précis, il y a de grandes chances que son équivalence existe chez Tonies. Par exemple, votre enfant est fan de la Pat Patrouille et réclame tous les soirs son dessin-animé. Vous pourrez répondre à sa requête Pat Patrouille simplement sans l’image.

Elio est une option plus récente qui combine histoires lues, histoires de Gaston la Licorne et méditation. Cette boîte à histoires est spécifique pour la gestion des émotions très utile pour gérer la frustration suite à l’arrêt des écrans.

Retrouvez mon guide d’achat des boîtes à histoires pour choisir celle qui vous correspond le mieux.

Les projecteurs d’histoires : une solution hybride

Pour les enfants qui ont besoin d’un support visuel, les projecteurs d’histoires offrent un compromis intéressant :

  • Ils projettent des images fixes qui illustrent l’histoire racontée
  • Pas d’écran rétroéclairé ni de lumière bleue nocive
  • L’image change lentement, sans surcharger le cerveau

Il existe différentes marques proposant des projecteurs d’histoires comme Moulin Roty, Clementoni ou Tikino.

Des rituels, le secret pour retirer les écrans.

Plutôt que de voir l’absence d’écran comme une privation, nous pouvons l’envisager comme une opportunité de créer des rituels familiaux enrichissants.
De plus, les rituels permettent à l’enfant de savoir ce qui l’attend, de gagner en autonomie et de ne plus penser aux écrans. Créer des rituels, c’est créer des habitudes qui facilite le quotidien.

Exemples de rituels à mettre en place pour faciliter le sevrage des écrans :

🌿 Choisir un panier à activités que vous donnerez à votre enfant à des moments bien précis et de manière quotidienne. Prenons l’exemple de la douche. Chaque jour à la même heure, vous pourrez prendre une douche en laissant ce panier à l’enfant. Les jouets du panier devra changer régulièrement.

🌿 Faire participer l’enfant aux tâches : Cuisine, ménage. Dès 18 mois (même avant pour certains), les enfants adorent participer aux tâches avec vous. Grâce à une tour d’observation et des ustensiles adaptés à son âge, il pourra vous aider. Par exemple, mon plus petit de 16 mois m’aide à vider le lave-vaisselle et motive en plus son grand frère de 5 ans. C’est une activité qui allie convivialité et utilité.

💡 Astuce en cas de séparation difficile :

  • si besoin, mettre un minuteur visuel pour rassurer l’enfant et lui montrer combien de temps il joue seul avant de retrouver son parent.
  • Laisser votre enfant vous avoir dans son champ visuel. Par exemple venir avec son petit panier dans la salle de bain avec vous notamment au début le temps de prendre l’habitude.

Conclusion

La question des écrans est souvent abordée de manière culpabilisante pour les parents. Or, nous faisons toutes et tous de notre mieux avec les ressources dont nous disposons. L’objectif n’est pas d’atteindre une perfection illusoire, mais de faire des choix conscients qui correspondent à nos valeurs et à la réalité de notre quotidien.

Si votre enfant regarde occasionnellement un dessin animé, le monde ne s’écroulera pas ! L’important est de privilégier au maximum les alternatives, particulièrement pendant les trois premières années, et d’accompagner progressivement votre enfant vers une utilisation équilibrée et consciente des écrans.

Rappelez-vous que vous êtes expert·e de votre enfant et de votre famille. Faites-vous confiance et adaptez ces recommandations à votre réalité.

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